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CHASSE ET SOUFFRANCE ANIMALE

Une étude scientifique britannique publiée en 1997 par l’Université de Cambridge est parvenue à la conclusion que les cerfs souffrent de stress lorsqu’ils sont chassés et ne prennent aucun plaisir à l’aventure, contrairement à ce qu’affirment certains chasseurs.

Menée pendant deux ans par le professeur Patrick Bateson, expert en comportement animalier, l’étude a tenté de déterminer si la chasse au cerf était cruelle et inhumaine, comme l’affirment les défenseurs des animaux ou si ces cervidés trouvent au contraire la chasse excitante et meurent heureux comme le proclament des partisans de la chasse.

Les chercheurs ont étudié les échantillons de sang de cerfs tués dans des circonstances diverses pour comparer les différents effets physiologiques sur l’animal.

Le Fonds du Patrimoine, qui accordait jusqu’ici sans problèmes des permis de chasse sur les terres qu’il gère, pourrait modifier son attitude et restreindre, voire interdire, totalement les zones de chasse.

"Ce qui était auparavant un objet de débat sur la souffrance du cerf est désormais clair et ceux qui chassent, comme ceux qui sont concernés par la préservation de la vie animale, devront à compter d’aujourd’hui tenir compte de ces preuves", a affirmé le professeur Bateson.

En 1990, le Fond du Patrimoine avait voté à une faible majorité en faveur de l’interdiction de la chasse sur ses terres, mais n’a jamais appliqué la décision.

"Quoiqu’ils disent (les chasseurs), le plaisir dominant de la chasse est dans la poursuite et le meurtre des animaux. Là seulement est son but, seulement est son attrait. (Le chasseur) étouffe en lui le précieux sentiment de la charité, il commet un acte stupide, cruel et nuisible pour le sentiment moral." Leon Tolstoi, "Plaisirs cruels", 1895

"...et je hais la mort. Je hais ceux qui la donnent, ceux qui la donnent légèrement, ceux qui la donnent distraitement, ceux qui la donnent pour que la sauce du civet soit meilleure, ceux qui la donnent pour faire joujou, ou pour se prouver qu’ils sont des hommes et qu’ils ont des couilles au cul, ou pour la Cause (il y a toujours une Cause qui vaille qu’on tue, et qu’on meure), ceux qui la donnent parce que c’est le seul moyen, ceux qui la donnent pour le sport, pour la gourmandise, pour la coquetterie, pour tuer le temps... Ceux qui la donnent pour le fric, ceux qui la donnent pour l’honneur.Toute mort est ma mort, qu’on écrase l’escargot ou qu’on achève les blessés, qu’on chasse le canard sauvage en devisant aimablement ou qu’on bombarde l’hôpital..."François Lavance, "L’oeil du lapin" "Tuer un animal pour en faire un manteau est un péché. Nous n’avons aucun droit d’agir ainsi: une femme gagne en statut quand elle refuse de voir n’importe quoi être tué pour être mis sur son dos. C’est à ce moment là qu’elle est vraiment belle".Doris Day, actrice

"Derrière chaque manteau de fourrure, il y a une histoire,
c’est une histoire sanglante et barbare"
Mary Taylor Moore, actrice


DES ARMES QUI SÈMENT LA MORT CHEZ LES ANIMAUX MAIS AUSSI CHEZ LES HUMAINS....

  • Aux États-Unis, la National Rifle Association, un puissant lobby des armes dont la majorité des membres sont des chasseurs, s’insurge contre tout contrôle des armes. En juin 1997, la Cour Suprême des États-Unis a jugé inconstitutionnelle une partie d’une loi qui avait imposé en 1993 un contrôle des antécédents judiciaires des propriétaires d’armes à feu. Les deux shériffs - l’un du Montana et l’autre de l’Arizona - qui ont demandé l’annulation de cette loi, la Loi Brady, ont reçu l’appui et les conseils de la National Rifle Association.

  • Au Canada, près de 7 millions d’armes à feu en circulation.

  • Aux États-Unis, plus 200 millions d’armes à feu, dont 65 à 70 millions d’armes au poing. Le droit de posséder une arme est inscrit dans la Constitution américaine selon l’interprétation la plus courante qui en est faite et une trentaine d’États autorisent le port d’une arme cachée.

  • Au Québec, environ un foyer sur quatre possède une arme à feu. La plupart du temps, il s’agit d’une arme de chasse, de calibre .12, .410 ou .22 qui sont, de fait, les calibres les plus souvent en cause dans les suicides et les drames conjugaux.

  • La présence d’arme à feu à domicile augmente plus de trois fois le risque pour une femme d’être assassinée et de plus de quatre fois le risque d’un suicide. Lors d’une querelle conjugale, le risque de mort violente est douze fois plus grand en présence d’une arme à feu.

  • Aux États-Unis, les armes à feu constituent l’une des principales causes de décès chez les mineurs américains, tuant chaque année plus de 5,000 jeunes de moins de 20 ans. Une étude réalisée en 1996 par le Children Defence Fund a établi que les armes à feu ont tué en 1996 un enfant à toutes les 92 minutes. Une autre étude rendue publique par le Centre de contrôle et de prévention d’Atlanta (États-Unis) a révélé que les États-Unis avaient le taux de meurtres, de suicides et de décès accidentels par armes à feu le plus élevé de l’ensemble des pays industrialisés chez les moins de 15 ans. Les armes à feu causent quelques 40,000 morts par an (homicides, accidents et suicides) et demeurent l’une des premières causes de mortalité chez les 15-24 ans.